Une glace à la menthe réussie ne repose pas seulement sur le parfum: elle tient surtout à l’équilibre entre sucre, gras, alcool et température de service. Dans cet article, je montre comment construire une glace Get 27 nette en bouche, crémeuse à la sortie du congélateur et assez stable pour un dessert de pâtisserie. Je détaille aussi la bonne dose de liqueur, la méthode pas à pas, les erreurs qui font basculer la texture et les meilleurs accords pour la présenter au restaurant comme à la maison.
Les repères essentiels pour une glace à la menthe et au Get 27 réussie
- Le Get 27 se dose avec retenue : au-delà d’un certain seuil, la glace perd en tenue et devient trop souple.
- Une base de crème anglaise donne le meilleur résultat si vous cherchez une texture fine, régulière et facile à portionner.
- La liqueur s’ajoute hors du feu, une fois la base refroidie, pour garder un parfum net et éviter de fragiliser l’émulsion.
- Le contraste fait la différence : chocolat noir, poire, citron vert, sablé breton ou biscuit cacao valorisent bien la menthe.
- Le vert n’est pas obligatoire : une belle glace mentholée peut rester naturelle, sans colorant.
Ce que j’attends d’une glace au Get 27 réussie
Pour moi, une bonne glace mentholée doit d’abord donner une sensation de fraîcheur propre, pas une impression de bonbon trop agressif. La menthe doit arriver en tête, puis laisser place à une bouche souple, ronde, avec juste ce qu’il faut d’alcool pour donner du relief sans casser la tenue.
La vraie difficulté n’est donc pas de parfumer la base, mais de la garder équilibrée. Si l’on met trop peu de liqueur, le dessert devient plat; si l’on en met trop, la préparation reste molle et fond trop vite. C’est précisément pour cela que je traite cette recette comme une glace de pâtisserie, pas comme un simple mélange glacé improvisé.
Autre point important: je préfère une menthe franche et élégante à une note artificielle. Le Get 27 apporte déjà ce registre, donc il ne faut pas l’écraser avec des ajouts inutiles. Mieux vaut une base propre, peu d’ingrédients, et une finition bien pensée. C’est cette discipline qui donne un dessert vraiment crédible en vitrine ou à l’assiette. Passons maintenant à la méthode la plus fiable.

Ma recette de base pour une glace Get 27 stable
Je pars ici sur une base de crème anglaise, parce qu’elle donne une texture fine, une bonne fonte en bouche et une tenue suffisante après passage au froid. La recette fonctionne bien pour 6 à 8 portions.
| Ingrédient | Quantité | Rôle dans la recette |
|---|---|---|
| Lait entier | 500 ml | Structure et légèreté |
| Crème liquide entière | 250 ml | Onctuosité et tenue |
| Jaunes d’œufs | 5 | Émulsion et texture |
| Sucre | 90 g | Douceur et souplesse à la congélation |
| Get 27 | 6 à 8 cl | Parfum mentholé et effet assouplissant |
| Sel fin | 1 pincée | Relève la menthe |
| Menthe fraîche | 4 à 6 feuilles, facultatif | Accent aromatique si vous voulez un profil plus végétal |
Préparation
- Chauffez le lait avec la crème, le sucre et le sel. Si vous voulez une note plus végétale, ajoutez la menthe fraîche, coupez le feu dès les premiers frémissements et laissez infuser 10 minutes, puis filtrez.
- Fouettez les jaunes dans un saladier. Versez le liquide chaud en filet pour les tempérer, puis remettez le tout dans la casserole.
- Cuisez à feu doux jusqu’à 82-84 °C, ou jusqu’à obtenir une crème anglaise qui nappe la spatule. Ne dépassez pas ce point, sinon la texture devient moins fine.
- Refroidissez rapidement la base. Je la passe au bain-marie froid ou je la filme au contact avant de la mettre au réfrigérateur.
- Quand la base est bien froide, incorporez le Get 27. J’insiste sur ce point: je l’ajoute toujours hors du feu, jamais dans une base chaude.
- Laissez maturer 4 heures au frais, idéalement une nuit si vous avez le temps. Cette étape améliore la cohésion et la sensation de crème en bouche.
- Turbinez 20 à 30 minutes selon votre machine, puis faites prendre 2 heures au congélateur avant le service.
Sans sorbetière, versez la préparation dans un bac large, placez-la au congélateur et mélangez-la énergiquement toutes les 30 minutes pendant 2 à 3 heures. Le résultat sera un peu moins fin, mais correct pour un service maison. Si vous voulez une version encore plus souple, remplacez 20 à 30 g de sucre par du glucose ou du sucre inverti: cela améliore la texture sans alourdir le goût.
La logique technique est simple: la base doit être froide, stable et peu chargée en alcool avant la turbinage. C’est ce point d’équilibre qui fait la différence entre une vraie glace de pâtisserie et un dessert qui fond trop vite. Justement, la dose de liqueur change beaucoup de choses, donc il vaut mieux la raisonner avec précision.
Le bon dosage fait toute la différence
Le Get 27 apporte à la fois du parfum et de l’alcool, et c’est l’alcool qui perturbe le plus la congélation. En pratique, je raisonne en fonction de la tenue attendue au service. Plus la glace doit rester ferme longtemps sur un buffet ou en vitrine, plus je reste prudent.
| Dosage de Get 27 | Effet en bouche | Usage conseillé |
|---|---|---|
| 5 cl pour 1 litre de base | Note discrète, texture bien ferme | Dessert de fin de repas avec d’autres parfums dominants |
| 6 à 8 cl pour 1 litre de base | Menthe présente, tenue encore très correcte | Version standard que je recommande le plus souvent |
| 9 à 10 cl pour 1 litre de base | Profil très marqué, texture plus souple | Service rapide, petite production, consommation immédiate |
| Au-delà de 10 cl | Risque de glace trop molle et de fonte rapide | Je l’évite, sauf si la recette est entièrement recalibrée |
Ce tableau résume ma règle de terrain: le parfum doit s’exprimer, mais la structure ne doit jamais céder. Si vous préparez un dessert pour un restaurant ou une pâtisserie, gardez en tête qu’une glace trop alcoolisée vieillit mal au congélateur et supporte moins bien l’attente en coupe. Dans ce cas, mieux vaut rester sur 6 à 7 cl et renforcer l’impression de fraîcheur par le dressage plutôt que par la quantité de liqueur.
Cette approche aide aussi à garder une bouche propre. Beaucoup de préparations trop parfumées saturent rapidement le palais. Ici, je cherche au contraire une sensation lisible, fraîche, et suffisamment élégante pour accompagner un vrai dessert. C’est là qu’entrent en jeu les associations.
Avec quels desserts l’associer pour le mettre en valeur
Une glace à la menthe alcoolisée gagne toujours à être accompagnée d’un élément chaud, d’un fruit ou d’un croustillant. Sans cela, elle peut paraître un peu monolithique. Je cherche donc systématiquement une tension entre froid et chaud, crémeux et sec, menthe et cacao.
| Association | Pourquoi elle fonctionne | Ce que j’ajoute à l’assiette |
|---|---|---|
| Chocolat noir | Le cacao arrondit la menthe et apporte une amertume très utile | Fondant, brownie, sauce chocolat ou copeaux |
| Poire pochée | La douceur du fruit allonge la fraîcheur sans l’écraser | Lamelles de poire, jus réduit, biscuit amande |
| Citron vert | L’acidité réveille la menthe et allège la sensation sucrée | Zestes, gel acidulé, crème légère |
| Sablé breton ou crumble cacao | Le croquant évite une impression trop lisse et trop froide | Tuile, sablé émietté ou biscuit reconstitué |
| Chantilly peu sucrée | Elle adoucit le contraste sans voler la vedette au parfum | Une petite rosace, pas plus |
Le bon dessert ne cherche pas à accumuler les effets; il met le parfum en scène. C’est particulièrement vrai avec une liqueur comme celle-ci, qui a déjà une personnalité marquée. Il reste donc à éviter les pièges les plus courants, parce que c’est là que la recette se rate souvent.
Les erreurs qui abîment la préparation
- Ajouter la liqueur dans une base encore chaude : le parfum devient moins net et la structure se fragilise.
- Surdoser le Get 27 : la glace prend mal, reste trop souple et se sert difficilement en boules nettes.
- Compter sur le colorant pour “faire vrai” : une belle couleur ne remplace jamais une vraie profondeur aromatique.
- Ne pas refroidir assez vite la base : plus elle reste tiède, plus le temps de maturation se dégrade et plus la texture finale perd en précision.
- Négliger le repos au froid : une base qui turbine trop tôt donne souvent une glace moins régulière.
- Oublier la conservation : un bac mal couvert prend les odeurs du congélateur et perd en finesse.
Je vois aussi une erreur plus subtile: vouloir forcer la sensation mentholée avec trop de menthe fraîche, alors que la liqueur en apporte déjà largement. Le résultat devient parfois végétal, presque amer, et on s’éloigne du dessert attendu. Mieux vaut une impression claire qu’un excès d’arômes qui brouille le palais.
Dernier point de vigilance, surtout en contexte professionnel: comme toute préparation alcoolisée, cette glace ne s’adresse pas aux enfants et doit être signalée clairement si elle est servie en restauration. Une recette lisible, bien annoncée et bien portionnée est toujours plus rassurante qu’un dessert spectaculaire mais flou. C’est précisément ce que je cherche à stabiliser quand je l’intègre à une carte.
Les repères que je garde pour un service propre et régulier
Quand je prépare cette glace pour une carte de desserts, je pense d’abord à la régularité. Je la fais souvent la veille, je la laisse maturer une nuit, puis je la stocke à -18 °C dans un bac bien fermé. Au moment du service, je la laisse juste s’assouplir quelques minutes pour obtenir des boules nettes sans la faire fondre.
Pour un dressage de pâtisserie, je vise généralement une portion de 70 à 90 g, avec un élément chocolaté ou un fruit qui structure l’ensemble. Une simple tuile, un biscuit sablé ou un coulis bien placé suffit souvent. Je préfère ce type de finition à une assiette trop chargée, parce qu’elle laisse la menthe rester lisible jusqu’à la dernière cuillère.
En pratique, la meilleure version est souvent la plus sobre: une base bien cuite, un ajout de liqueur mesuré, un froid bien maîtrisé et un accompagnement qui crée le contraste. C’est cette discipline qui transforme une idée de dessert amusante en vraie glace de carte, propre en texture, nette en bouche et suffisamment équilibrée pour tenir en service.